Connaître Mouloudji ? Vaste quête. L’homme échappe. Non qu’il soit silencieux : tout au contraire, il parle, se raconte. Mais tout ce qu’il dit, ce qu’il chante, ce qu’il peint, ce qu’il écrit, se dérobe. Mouloudji reste insaisissable.
Mouloudji se confond avec quelques chansons : Le Déserteur, Comme un p’tit Coquelicot, La Complainte des infidèles, Un jour tu verras… Il représente la chanson rive gauche de l’immédiat après-guerre, la légende de Saint-Germain-des-Prés, les années Sartre, Queneau, Vian, Prévert.

De tous les grands artistes orphelins de l’amour, Mouloudji apparaît comme l’un des plus pathétiques. Mais il gardera toute sa vie la grâce, la légèreté et la créativité de l’enfance, accompagnées d’un sourire au charme absolu et d’un humour dévastateur. Voici l’histoire d’un homme-enfant au destin étonnant auquel les fées ont tout donné, sauf l’essentiel : l’amour d’une mère.