Je me souviens de Giani sur les toits du Châtelet

22.-Paris-nous-appartient-Jacques-Rivette-1961Je me souviens de Giani Esposito marchant sur les toits du Théâtre de la Ville dans Paris nous appartient, de Jacques Rivette. C’était en 1961. Et en exergue du film il y avait une citation de Péguy : « Paris n’appartient à personne ».

Faute de moyens, le tournage du film fut plusieurs fois interrompu et s’étala sur deux ans (1958-1960). Jacques Rivette, fasciné par Paris, a notamment réalisé L’Amour fou (1968), Out 1 (1971, un film de douze heures quarante !), Céline et Julie vont en bateau (1974), Pont du Nord (1981), La Bande des quatre (1989), Haut bas fragile (1995), Va savoir (2001), films dans lesquels Paris a toujours sa place. Chez Jacques Rivette, Paris est plus qu’un décor. C’est un personnage, ami ou ennemi selon les circonstances. Et le réalisateur aime prendre de la hauteur. Dans Céline et Julie vont en bateau, Juliet Berto et Dominique Labourier flânent du côté de la place des Abbesses et du funiculaire menant au Sacré-Coeur. Dans Pont du Nord, le plus « parisien de ses films », Bulle Ogier déclare « C’est bien, cette falaise » en parlant de l’Arc de triomphe. Et dans Va savoir, quarante ans après la promenade dans les airs du beau Giani, Jeanne Balibar s’échappe d’une pièce par les toits. Ciel, qu’on aime les films de Jacques Rivette !

 

8 rue Caumartin, La Chartreuse de Parme en 52 jours chrono

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Il voulait composer « des comédies, comme Molière ». Heureusement, il changea d’avis. En 1838, au 4e étage du 8 rue Caumartin, Stendhal écrit La Chartreuse de Parme en 52 jours. Comme Le Rouge et le noir en 1830, le roman passe pratiquement inaperçu. Sauf de Balzac dans La Revue de Paris : « Depuis dix mois que cette œuvre surprenante a été publiée, il n’y a pas un seul journaliste qui l’ait ni lue, ni comprise, ni étudiée, qui l’ait annoncée, analysée et louée, qui même y ait fait allusion. »

« Je trouve qu’il n’y a pas de ridicule à mourir dans la rue quand on ne le fait pas exprès » écrit Stendhal trois ans plus tard à un ami. Le 22 mars 1842, l’écrivain tombe frappé d’une apoplexie sur le trottoir de la rue des Capucines. Il décède le lendemain à l’Hôtel de Nantes, au 78 de l’actuelle rue des Petits-Champs. Il n’y aura que trois personnes (dont Mérimée, quand même) pour suivre le cortège funèbre de cet écrivain inconnu vers le cimetière de Montmartre.