Promenades littéraires dans Paris         

 

Paris est une fête, affirmait un des plus parisiens des auteurs américains. Une fête pour les yeux, certes, mais également une fête pour l’esprit. De Passy à Montmartre, de Montmartre à Montparnasse, Paris brille de feux littéraires qui éclairent chaque quartier d’une lumière spécifique : Balzac sur les Boulevards, Céline sur la Butte, Sartre à Saint-Germain-des-Prés…

Paris est une fête, Paris est une ile aux trésors. Aucune ville au monde ne permet de se glisser aussi aisément dans les pas des écrivains, aucune des propose une telle concentration d’adresses dans des quartiers habités par les mots. Et ces adresses ont toujours une couleur personnelle.

Il existe des adresses évidentes : comment Marcel Proust pourrait-il ne pas habiter boulevard Malesherbes ? des adresses improbables, comme celle d’Éluard dans le quartier de la Chapelle, rue Max Dormoy ; des adresses incongrues, comme celle de Francis Carco quai aux Fleurs ; des adresses éphémères, comme celle d’Apollinaire à la prison de la Santé ; des adresses obsessionnelles comme le quai Conti ou la rue Lord Byron pour Patrick Modiano.

Il existe également des adresses communes, réunissant deux auteurs dans le même lieu par d’étranges coïncidences : Montherlant et Aragon, Maurice Sachs et Patrick Modiano, Marguerite Duras et Léo Larguier, Jean-Paul Sartre et Béatrice Beck, Anatole France et George Sand, Balzac et Gide, Léo Malet et Jacques Prévert, Charles Péguy et Louis Pergaud, André Malraux et Marcel Pagnol…

Il existe enfin des adresses étonnantes, qui font parfois douter des frontières entre le réel et l’imaginaire : comment douter de celle de Nestor Burma rue des Petits-Champs, celle de D’Artagnan rue Férou, celle du commissaire Maigret boulevard Richard Lenoir ou celle d’Aurélien quai de Bourbon, à la pointe de l’Ile Saint-Louis ?

Comme on peut s’en douter, pour des raisons à la fois historiques et culturelles, Saint-Germain-des-Prés, quartier Latin et Montparnasse représentent les deux tiers du territoire littéraire. D’autres quartiers, comme les 12e, 19e et 20e arrondissements sont relativement pauvres en écrivains.

Les écrivains, eux, sont plus ou moins consommateurs de lieux : certains n’ont cessé de déménager, comme George Sand, Alexandre Dumas, Verlaine et Charles Baudelaire, le champion absolu, pour lequel on recense plus de quarante adresses dans Paris. D’autre sont plus économes, comme Marcel Aymé ou Jean Giraudoux, qui n’ont usé que deux ou trois adresses dans la capitale.

Ce guide ne peut être exhaustif : Il ne recense que les principales adresses des écrivains parisiens. Il est parfois quelque peu frustrant, en faisant référence à des lieux immeubles ou maisons disparus, comme le Sphinx d’Henri Miller boulevard du Montparnasse ou le jardin de Madame de la Fayette, rue de Vaugirard. Enfin, la répartition des adresses par quartier n’a pas toujours été évidentes, certaines d’entre elles se trouvant dans une zone frontalière et pouvant, à quelques mètres près, appartenir à « Champs-Élysées » ou à « Madeleine ».

Fort de ces éléments, dans Paris ville ouverte à tous les étonnements, bienvenue à l’Hôtel des Grands hommes d’André Breton, dans La Grande chasublerie d’Alfred Jarry ou au Dingo bar d’Ernest Hemingway.